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DHARMA,
RELIGION ET SPIRITUALITE
(d’un
point de vue indien)
Par
Amit Ray
copyright@Amit
Ray 2005
INTRODUCTION:
Je
ne prétends pas être un savant ni un philosophe. Les sujets de la
religion et de la spiritualité m’ont intéressé de manière
croissante depuis maintenant plusieurs années. J’ai toujours pensé
que l’on prend conscience de sa religion par un processus de
maturation et non par l’aide de l’héritage ou de l’importation.
Je
ne comprends pas ces religions qui essayent de maintenir les gens dans
le respect de pratiques externes. La religion devrait montrer le
chemin de la liberté de l’homme, la liberté du choix moral, la
liberté par rapport à l’obéissance aveugle à des injonctions
vides de sens, la liberté par rapport à la multiplicité des objets
de culte, qui réclament notre adoration et détournent nos prières
de la constante pureté de la dévotion.
En
tant qu’Indien, ma perception de la religion est différente de
celle des religions institutionnelles que nous voyons dans notre monde
d’aujourd’hui. Ma perception de la spiritualité est également
différente dans le contexte de la religion. Même si je dois admettre
que je ne suis pas totalement clair sur le sujet, je vais m’efforcer
d’expliquer ce que je comprends et ressens au sujet du Dharma (de la
Religion?) et de la Spiritualité.
Avant
que je ne fasse cela, il est nécessaire de mon point de vue que je
clarifie quelques terminologies:
HINDOU,
HINDOUISM, RELIGION HINDOU:
Ces
terminologies ne se trouvent dans aucuns des textes indiens suivants:
Vedas
(3500 av. JC? 1500 av. JC – 1200 av. JC); Upanishads (800 av. JC,
la première synthèse philosophique des Védas); les six systèmes
des philosophies indiennes: le
Vaisheshika, le Nyaya, le Samkhya, le Yoga, le Mimamsa, et le Vedanta;
philosophies du Carvaka »
600 av. JC. (Matérialisme); Vardhamana »
599 av. JC - 527 av. JC (Jina Þ
Jaïnisme) et Siddhartha Gautama »
563 - 483 av. JC (Bouddhisme),
bien
que les 3 terminologies plus haut ont été adoptées par les Indiens
et les lettrés à l’étranger depuis longtemps.
HINDOU:
Ce
mot vient du nom de la rivière SINDHU (pour les Aryens de l’Inde,
ce mot signifiait une rivière en particulier ainsi qu’une grande
quantité d’eau); cela n’a rien à voir avec une religion. Dans
mon esprit, quiconque né en Inde, quelle que soit sa religion, peut
être appelé un Hindou.
Dans
notre philosophie, nous lisons et entendons le mot idéal spirituel et
non idéal hindou.
HINDOUISME
ET RELIGION HINDOU:
Ces
termes ne sont pas d’origine indienne. Ils ont été concoctés par
les étrangers.
Cela
vient probablement du fait que lorsque des lettrés étrangers ont
commencé à visiter l’Inde et que quelques uns d’entre eux se
sont mis à étudier le Sanscrit en vue de connaître notre
philosophie, la plupart d’entre eux ne pouvaient établir si nos
textes traitaient de religion ou de philosophie.
Les
termes HINDOU, HINDOUISME et RELIGION HINDOU ont probablement émergé
immédiatement après le début des invasions qui ont continué
pendant plusieurs siècles. La synthèse philosophique des textes
indiens a disparu pendant ces années, avec quelques apparitions
occasionnelles de quelques éminents sages Indiens.
Il
est important de noter que les 3 dernières décennies du 19ème
siècle ont été témoins d’un formidable épanouissement d’une
renaissance spirituelle et l’avènement de Shri Ramakrishna (1836
– 1882) fut incontestablement, parmi les forces qui ont assuré le réveil
spirituel et culturel du pays, la plus significative.
L’Inde
antique n’a pas, en général, prêché sa philosophie à l’extérieur
de l’Inde, peut-être en raison de l’absence de rois puissants
dans l’histoire des 25 derniers siècles, à l’exception de
l’empereur Sailendra au 7ème siècle de l’ère chrétienne,
qui a étendu son empire jusqu’en Birmanie (aujourd’hui Myanmar)
et les «Îles Dorées» (groupe d’îles qui inclut la Malaisie,
l’Indonésie, etc.). Il a propagé la culture indienne pendant cette
période dans ces régions. A Java et Sumatra, les temples construits
par la dynastie des Sailendra témoignent encore de la culture
remarquable que la dynastie a développée et protégée pendant 700
ans. Il y a eu également des Indiens isolés qui ont enseigné en
Egypte, en Grèce. Une part importante de l’Afghanistan était un
royaume indien il y a un peu plus de 10 siècles.
L’Inde
n’était probablement pas préparée pour une reconnaissance aussi
prompte de sa philosophie par le monde extérieur et accepta de bon cœur
les mots: HINDOU, HINDOUISME et RELIGION HINDOU donnés par des étrangers
pour nommer sa pensée la plus haute.
Si
l’on veut utiliser un nom religieux conventionnel pour différencier
notre philosophie spirituelle du Bouddhisme et du Jaïnisme, (qui font
tous les deux partie de notre philosophie indienne), appelons-la religion
VENDANTIQUE. C’est en effet un nom valide du point de vue de la
philosophie indienne, de la religion indienne - passées et présentes.
Le
Vedanta (qui signifie la fin des Vedas, le Veda ou la Connaissance
suprême), également connu sous le nom d’«Uttara Mimamsa» est
le dernier des six systèmes de la philosophie indienne. Il est le résultat
de la synthèse des enseignements, non seulement des Upanishads et des
parties plus anciennes du Veda, mais aussi des autres textes, tels que
le Bhagavad-Gita, etc.
Je
vais admettre le mot «HINDOU» jusque-là – une atmosphère à la
fois bouddhiste, brahmanique et jaïna.
DHARMA
(un mot sanscrit):
Je
pense qu’il y a une grande lacune dans la compréhension du Dharma
dans l’esprit des étrangers.
Laissez-moi
vous expliquer ce que le Dharma signifie d’une perspective indienne.
Je dois prévenir que ce Dharma, avec toute sa signification,
n’existe probablement pas en Inde aujourd’hui. La plus grande
partie du monde considère notre Dharma comme une religion de castes,
de vaches et de réincarnations (renaissances). Cette dégénérescence
du Dharma au cours des années est probablement un sujet de sociologie
plus que de religion.
La
signification de DHARMA est différente de celle de Religion, telle
qu’elle est définie dans le dictionnaire anglais.
Le
Dharma comme concept est très vaste. Littéralement, il veut dire «ce
qui maintient ensemble» et signifie qu’il est la base de tout ordre,
social ou moral.
Le
grand poème épique du Mahabharata (400 ans av. JC) dit:
“Ne
créez jamais une situation pour les autres, qui quand elle est créée
pour vous, vous la considérez comme défavorable. C’est en bref
l’essence du Dharma, c’est la cupidité qui provoque une attitude
non conforme au Dharma.»
Le
plaisir est la pente naturelle de l’homme, le Dharma est là pour
refréner la propension de l’homme au plaisir, comme une berge qui
guide le cours d’une rivière.
Le
terme de Dharma est dérivé de la racine sanscrite «dhri»
signifiant qui «défend» et qui «soutient» l’humanité dans
toute sa cohérence. C’est imprégné des notions de vérité et de
justice. Le Dharma aborde les choses du corps, de l’esprit et de
l’intellect, dans une myriade d’intérêts et de valeurs. Il mélange
inévitablement des sujets séculaires et empiriques avec d’autres
purement éthiques et spirituels.
Dans
les temps védiques, la société était vue comme un tout intégré,
qui était gouverné par la loi immuable du Dharma. Le Dharma se
concentrait sur les règles et les pratiques sociales afin de préserver
un ordre social.
Le
terme Dharma inclut des codes de relations socio-écomomiques et aussi
la relation entre l’Etat et l’individu. C’est le code de la vie,
le lien qui maintient la société unie.
Le
thème principal du Dharma est l’intégration de l’homme, de la
nature et de l’univers.
Il
est le principe autonome de l’ordre harmonieux – le grand «rationalisateur».
Universalité,
service de la société, avec pour but d’accomplir son devoir.
Dharma
– la nature intérieure de l’homme.
On
devrait toujours agir selon sa nature intérieure. Les tâches
qu’une personne doit effectuer (son propre devoir «Sva-Dharma»)
sont habituellement déterminées par la place qu’elle occupe dans
la société.
Si
quelqu’un veut mener une vie normale et atteindre le bien le plus
haut, il doit développer l’équanimité, être libre de
l’agitation, être sincère, être indifférent à l’opulence ou
à la pauvreté, et cesser les spéculations (bâtir des châteaux en
Espagne).
Selon
la croyance indienne, le bien humain réside dans le Dharma, source de
la force vitale qui soutient et fait avancer. Cela implique une forte
conviction que l’homme qui en respecte la doctrine, se conforme à
la manière la plus efficace de «bien faire» et de «bien vivre».
L’agencement des relations humaines, selon ce point de vue, prend
une signification capitale en termes de «DEVOIR». Il favorise le
processus de l’avance rythmique vers le progrès et la prospérité
comme sa propre récompense. Le verbe «devoir» prend le sens de développer
son propre potentiel.
Le
DEVOIR n’est pas un tyran, mais un symbole de dignité à accomplir
avec une joie affirmée – le DEVOIR dans le sens de contribuer au
progrès et au bien-être de l’individu et de la société (ou les
mettre en harmonie).
L’objet
du Dharma est d’aider le développement de la vie à tous les points
de vue. La compréhension globale des relations humaines apporte
l’harmonie en réconciliant les exigences conflictuelles de la société
et de l’individu, ainsi que du réel et de l’idéal.
Le
Dharma n’est pas un dogme , mais une hypothèse qui fonctionne de la
conduite humaine, adaptée aux différentes étapes des développements
spirituels et des différentes conditions de vie. Le Dharma ne repose
pas sur des dogmes ni des doctrines.
L’HUMANITE
EST LE DHARMA DES ETRES HUMAINS.
RELIGION
ET SPIRITUALITE (selon ma perception):
RELIGION
Les
gens qui voient la religion comme une expérience de vérité, une
rencontre avec la Réalité, ne se querelleront jamais au sujet des
noms qu’ils donnent à Dieu, la Réalité suprême, l’Unité ou la
Vérité.
Et
ceux qui croient que leur chemin est le seul chemin, d’après moi,
ils sont damnés si l’enfer existe. Toutes les religions devraient
coopérer et vivre en bonne intelligence entre elles.
Le
service de l’homme est la vérité ou la manifestation suprême de
n’importe quelle religion.
La
religion n’est pas une fuite de la lutte sociale. La sagesse
spirituelle et la vie sociale doivent être mêlées dans des
relations intimes.
La
religion n’est pas une question de simple conformité dogmatique. Ce
n’est pas une question de piété cérémoniale. Ce n’est pas
simplement suivre les rites qui nous sont prescrits. C’est la
reconstruction de notre propre personnalité, la transformation de
notre propre nature. Son but est de nous aider à discipliner notre être
total, corps, esprit, cœur et volonté.
Ce
que nous tentons à travers la religion est l’entrée dans le monde
de l’esprit.
La
religion est un moyen pour une fin supérieure.
Tagore,
le poète de l’Inde, lauréat du prix Nobel a écrit:
«Il
est significatif que toutes les grandes religions ont leur origine
historique dans des personnes qui incarnaient une vérité qui n’était
pas cosmique et amorale, mais humaine et bonne. Elles ont sauvé la
religion de l’emprise magique de la force du démon et l’ont
conduite dans le coeur de l’humanité, dans l’accomplissement non
pas de quelque bonne fortune exclusive de l’individu mais du bien-être
de tous les hommes. Ce n’était pas pour l’extase spirituelle d’âmes
solitaires, mais pour l’émancipation spirituelle de toutes les
races. Elles sont venues en messagères de l’Homme aux hommes de
tous les pays et ont parlé de salut qui ne pouvait être atteint que
par le perfectionnement de notre relation avec l’Homme éternel,
l’Homme divin. Quelles que puissent être leurs doctrines de Dieu,
ou les dogmes qu’ils ont emprunté à leur temps et à leur
tradition, leur vie et leur enseignement a eu la signification plus
profonde d’un Etre qui est l’infini dans l’Homme, le Père,
l’Ami, l’Amant, dont le service doit être accompli en servant
l’humanité entière. Car le Dieu en l’Homme dépend, pour
l’accomplissement de son propre amour, du service et de l’amour
des hommes.»
J’aimerais
croire que c’est un hasard du destin que nous soyons védiques/upanishadiques,
juifs, bouddhistes, jains, sikhs, chrétiens ou musulmans. Notre foi dépend
du hasard de notre lieu de naissance. Le but est de faire partie de
l’Unité à travers les différents chemins que nous, humains, avons
créés par commodité pour nous conformer à l’environnement dans
lequel nous sommes nés.
La
religion est comme le langage ou l’habillement. Nous gravitons vers
des pratiques au milieu desquelles nous grandissons. Au final
cependant, nous proclamons tous la même chose –
Que
la vie a du sens – Que nous sommes reconnaissants envers la
puissance qui nous crée.
La
religion est essentiellement une question de vie et d’expérience.
Le
but d’une religion est de laisser l’esprit s’épanouir et non de
le corseter.
Au
final, nous tous cherchons seulement la vérité, qui est plus grande
que nous-mêmes.
Tous
les chemins (religions) mènent au même but qui est spirituel.
Les
rituels des différentes religions sont différents, mais nous y
trouverons une compréhension spirituelle commune.
La
fin d’une religion est une rencontre personnelle avec le divin.
C’est un aperçu personnel de l’origine suprême des choses.
C’est ce qui fait d’un homme un homme religieux.
La
plus haute manifestation de la religion est d’aimer Dieu intensément
et de regarder l’univers entier comme divin.
Même
certains scientifiques accèdent à ce point de vue (exemple David
BOHM)
SPIRITUALITE
Dans
la plupart des articles que je lis, les auteurs sautent du mot «religion»
au mot «spiritualité» et vice –versa sans aucune explication ou
sans expliquer les différences entre ces deux mots.
Les
êtres humains ont atteint le stade intellectuel. Ils doivent
atteindre une étape supérieure. C’est le stade de la plénitude
spirituelle. Avec la physique, nous devons aussi apprendre ‘ta meta
ta phusika’ (les choses après la physique). C’est une transition
qui est influencée par la discipline de la religion.
Le
culte spirituel est une forme de déisme inspiré par la foi. La foi
est un trait originel de l’esprit humain qui va au-delà des sens et
cependant, perçoit de manière intuitive un objet qui appartient à
un ordre supérieur de la réalité.
Toutes
les formes de religion qui sont apparues sur terre répondent au
besoin fondamental du cœur humain. L’Homme aspire à une puissance
au-dessus de lui dont il pourrait dépendre, UN plus grand que lui-même
et qu’il pourrait adorer.
La
plupart d’entre nous pratique une religion, va au temple, à l’église,
etc. Nous pensons que nous sommes religieux, mais dans nos cœurs,
nous portons souvent des pensées irréligieuses. Ce qui est nécessaire
est un processus victorieux contre les obstacles à l’aperçu de la
Réalité suprême.
Le
concept de spiritualité est basé sur la communion directe avec la Réalité
suprême, une attitude de compassion.
Aspirer
à la connaissance de la Réalité suprême est la force motrice dans
le chemin spirituel.
La
Réalité suprême (ADITI en sanscrit est probablement le nom
le plus ancien pour exprimer l’infini).
CE
dont toutes les choses proviennent, par quoi elles sont nourries, dans
quoi elles seront aspirées, c’est la Réalité suprême – une
compréhension scientifique de la nature de l’expérience, un éclaircissement
du mystère de la nature , une pénétration au cœur de la réalité
et une découverte que ce monde est enraciné dans un esprit de béatitude,
dans un esprit de liberté. C’est cela qui constitue la Réalité.
Ici, il n’y a pas de dogme. Ici, il n’y a pas d’autorité.
Les
religions sont seulement une aide pour atteindre la spiritualité.
Elles sont comme les échelles pour monter jusqu’à l’autel de la
spiritualité, d’où l’on peut se connecter directement avec la Réalité
suprême. Cet autel n’a pas de taille ou de forme prescrite – il
est dans nos esprits. La spiritualité est un
sentiment
ou un état d’esprit, la religion est le chemin par lequel cette étape
est codifiée en loi. Quand on atteint les hauteurs de la spiritualité,
la Réalité suprême devient notre compagne.
Reposant
sur l’autel de la spiritualité– une porte s’ouvre sur la vérité
spirituelle et l’expérience spirituelle. Cela construit une
harmonie de connaissance, d’amour et de travail, grâce à laquelle
l’âme humaine peut approcher directement l’éternel, la Réalité
suprême. Une discipline spirituelle qui inclut un examen de
conscience impitoyable, permettra à celui qui est en quête
d’atteindre l’UNITE.
Il
n’est pas nécessaire de changer l’étiquette de sa religion pour
réaliser un progrès dans la vie intérieure. La vraie conversion
n’est pas d’une foi formelle vers une autre, mais verticale, de
peu vers plus de spiritualité.
La
spiritualité est concernée par la contemplation et la prise de
conscience plutôt que par l’aspect cérémonial et rituel de la vie
religieuse. Elle exige la pureté de la vie intérieure et pas
seulement un comportement extérieur.
La
spiritualité est libre de toutes les limites et de tous les défauts
habituellement associés aux actions humaines. Elle donne une âme au
monde.
Les
caractéristiques de la spiritualité sont de: surmonter la colère
par l’amour, le mal par le bien, la cupidité par la générosité,
la fausseté par la vérité. Elle nous apprend à développer la
compréhension et augmente la compassion.
La
spiritualité nous aide à prendre conscience de la dignité de chaque
individu et cela est important pour créer des liens d’amour et de
service, qui sont indispensables pour aujourd’hui et demain.
La
spiritualité est intensément personnelle; la religion est
institutionnelle.
Nous
devons aller au delà des signe extérieurs des dogmes des religions
institutionnelles. De simples dogmes ne suffisent pas. Nous devons
ressentir ou expérimenter la réalité spirituelle.
La
spiritualité met les différentes fois en harmonie. Le but ultime de
la vie est l’union avec la Réalité suprême.
La
spiritualité transcende la diversité des races, des couleurs, des
langages et des sectes. La spiritualité favorise la démocratie.
Malheureusement,
ce concept de spiritualité ne se trouve que rarement dans les
religions institutionnelles du temps présent, dont les dogmes ont dégénéré
en bigoterie et en comportement fanatique. Ce phénomène provient de
la passion de l’homme pour le pouvoir.
Quand
nous disons que Dieu est en l’homme, il n’en résulte pas la fin
de tout effort. Dieu n’est pas en l’homme d’une façon si évidente
qu’il puisse posséder Dieu distraitement et sans effort ni lutte.
Dieu est présent comme potentiel ou comme possibilité. C’est le
devoir d’un homme de trouver Dieu par la force et l’action. Le
Dieu en l’homme est à la fois une mission et un fait, un problème
et une possession. L’homme, dans son ignorance, s’identifie avec
l’emballage extérieur, les enveloppements physiques et mentaux. Son
désir d’absolu est en conflit avec sa finitude.
Bien
que l’individu soit allumé par l’Etincelle divine, il n’est pas
entièrement divin. Sa divinité n’est pas une réalité, mais une
part de Dieu aspirant à être la totalité. Tel qu’il est, il est
poussière et déité, Dieu et brute mélangés.
La
vie morale est une vie centrée sur le spirituel, une vie d’amour
passionné et d’enthousiasme sans fin pour l’humanité, une vie de
recherche de l’infini dans le fini et non une simple aventure égoïste
avec des buts étriqués.
Atteindre
la spiritualité signifie: le summum bonum de la vie est d’avoir une
paix parfaite de l’esprit et de la joie qui ne connaît pas la
tristesse dans ce monde.
La
spiritualité apportera la vraie connaissance qui est la base de tout
ce que nous faisons en société.
Le
travail de vraie connaissance est humilité et non arrogance, sincérité
au lieu d’hypocrisie, paix et pureté et non agitation et passion,
et sérieuse maîtrise de soi plutôt qu’attachement égoïste aux
choses des sens.
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